Les discussions sont enclenchées depuis peu sur la renégociation de l’ALENA et trouver un terrain d’entente s’annonce difficile. Rappelons que c’est le président Trump qui a amorcé la renégociation en réclamant un accord plus juste pour les Américains.

Le secteur agroalimentaire 

Le système de gestion de l’offre a passablement été écorché par le président américain qui a affirmé que celui-ci était injuste pour les producteurs. Or, au moins cinq associations américaines de producteurs laitiers ont transmis leurs volontés à leur négociateur pour mettre en place un système semblable aux États-Unis. «Ne mettez pas de pression sur le Canada afin d'affaiblir la gestion de l'offre, font valoir la National Family Farm Coalition et l'Institute for Agriculture & Trade Policy dans une lettre. Affaiblir le système canadien n'augmentera pas de façon significative les exportations américaines de lait.» Il se pourrait tout de même que le Canada choisisse de faire une brèche dans son système en retour d’un accès plus grand au marché américain.

Le règlement des différends 

Washington réclame aussi l’abolition du procédé de règlement des différends. Ce mécanisme prévoit qu’un pays faisant partie du traité peut convoquer un panel d’experts s’il juge que des droits compensateurs lui sont imposés injustement. C’est notamment ces experts qui font office d’arbitres lors des conflits du bois d’œuvre. Jusqu’à maintenant ceux-ci ont toujours rendu leur décision en faveur du Canada. 

Cet arbitrage n’est que la moins pire des solutions pour le Canada, car malgré les décisions rendues, les États-Unis ne se conforment pas aux jugements favorables rendus au Canada. Même si on en venait à un véritable libre-échange sur le bois d’œuvre, le Québec et le Canada n’en sortiraient probablement pas avec des avantages particuliers. D’ailleurs, il faut rappeler que le Québec ne se trouve pas à la table des négociations de l’accord de libre-échange. Bien que Raymond Bachand soit nommé négociateur, il ne représente pas le Québec. Il conseille ceux qui négocient, soit Chrystia Freeland et Steve Veurhel. 

Les règles d’origine

Dans une volonté de rendre plus strictes les règles d’origine des produits, le représentant américain désire réduire l’importation de composantes asiatiques pour encourager la production américaine. Les syndicats canadiens voient d’un bon œil cette mesure, car cela entrainerait une augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail pour les travailleurs mexicains. En plus, cela contribuerait à rendre le Canada plus attrayant pour les entreprises. D’autres pensent toutefois que les règles d’origine devraient être simplifiées afin que les PME puissent profiter d’exemptions de tarifs. 

De son côté, Trump continue de menacer de se retirer de l’ALENA. Ce genre de propos était prévisible de sa part. Le Canada et le Mexique sont bien décidés à vouloir conserver cet accord et à ne pas se comporter comme si tout était déjà perdu. La deuxième ronde de négociation aura lieu du 1er au 5 septembre.  

Sources

Radio-Canada. La première séance de négociation sur l’ALENA est terminée. http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1051397/alena-negociations-canada-etats-unis-mexique-economie. . 20 août 2017.

La Presse canadienne. L’automobile au cœur des négociations sur l’ALENA. http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1050828/alena-negociations-industrie-automobile. . 17 août 2017.

Fillion, Gérald. ALENA : le Québec a beaucoup à perdre. Radio-Canada. http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1050454/alena-quebec-beaucoup-a-perdre-gerald-fillion. 15 août 2017.

Krol, Ariane. ALENA : pas le moment de s’affoler. La Presse. http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/ariane-krol/201708/23/01-5127079-alena-pas-le-moment-de-saffoler.php. 24 août 2017.

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