Le 25 mai dernier, Peter Hall, économiste en chef de EDC, était à Québec pour sa présentation annuelle « Parlons exportations ». Larouche Marketing Communication a eu la chance d’assister à la présentation et de réaliser une entrevue avec lui. Voici un résumé des propos tenus lors de cette rencontre.

La mondialisation a un impact sur chaque région du monde, voire sur chaque entreprise et sur chaque individu. Elle est devenue partie intégrante de notre vie. Ce principe a permis aux consommateurs d’avoir accès à des produits à prix abordables, fabriqués partout dans le monde. Il a aussi permis à des millions de personnes de se sortir de la pauvreté. Pourtant, la mondialisation est remise en question. Les récents évènements politiques, telles les élections présidentielles aux États-Unis et en France, nous montrent un mouvement anti-commerce. Or, les volontés protectionnistes feraient de grands torts aux pays qui les mettent en place. 

Rassurez-vous, les Américains ne détruiront pas la mondialisation. 

Il faut dire que beaucoup trop d’emplois sont en jeu. D’ailleurs, 32 États américains ont comme premier client international le Canada. Il est en effet beaucoup plus facile d’instaurer des barrières au commerce que de créer des investissements visant à remplacer les flux commerciaux manquants. Les électeurs manqueront de patience avant que les bénéfices de telles mesures ne soient perceptibles. 

Effectivement, en mettant en place des mesures de type Buy America et Buy American, le gouvernement accepte que les coûts soient plus élevés, car ils devront s’en tenir à des produits fabriqués aux États-Unis. Cet argent devra être récupéré d’une manière ou d’une autre, en supprimant des emplois par exemple. Comme le précise M. Hall,  « si Make America Great Again, coûte leur emploi à plusieurs milliers de citoyens américains, il se pourrait qu’ils ne veuillent plus vraiment adhérer à l’idée ».     

Les Américains, dans le monde, sont les consommateurs les plus sensibles aux prix. Ils n’ont pas créé les Walmart et Target pour rien. En imposant des tarifs au Mexique et à la Chine, il y aurait une répercussion inévitable sur ces « bas prix de tous les jours »! Les obstacles aux commerces finissent alors par pénaliser ceux qui les instaurent. 

De plus, la technologie est inhérente à la mondialisation et elle ne disparaîtra pas dans un monde plus protectionniste. N’importe qui, n’importe où sur la planète, pourra continuer à faire des affaires de façon internationale grâce à celle-ci. Il est alors difficile de croire que les actionnaires des compagnies se prononceront contre la mondialisation. 

Le renouveau économique  

En ce moment, une croissance économique est palpable. Depuis la dernière crise économique, les milléniaux sont désormais de retour sur le marché du travail. Ils forment la nouvelle génération de consommateurs et ils doivent être puissants dans l’économie. L’Union européenne reprend aussi du tonus avec un taux de chômage qui tend à s’améliorer. On observe toutefois au sein de l’UE et des États-Unis un certain resserrement et cela ne peut qu’être bénéfique pour les marchés émergents.

Les marchés émergents sont d’ailleurs des opportunités d’exportation en or, notamment en raison de leur taux de croissance. Dans les pays de l’OCDE, le taux de croissance se situe autour de 1,1% et en Amérique entre 2,5 et 3%. En Inde, cela peut aller jusqu'à 8%, tandis que la Chine se situe environ à 6%. Les risques sont plus élevés dans ces marchés, mais le potentiel est énorme. 

Pour illustrer ce potentiel, justement, M. Hall cite en exemple la Nouvelle-Écosse qui, en l’an 2000, n’exportait pratiquement pas de fruits de mer en Chine. Depuis sa diversification vers le marché chinois, la petite province exporte maintenant pour 200 millions de dollars de fruits de mer. Il faut également souligner qu’au Canada, en 2000, les biens exportés dans les marchés émergents représentaient 5% et en 2013, 15%. Cela a donc triplé. Le secteur agroalimentaire a particulièrement du potentiel dans ces marchés. 

Bref, il ne faut pas s’inquiéter outre mesure de l’approche America First ni des autres approches protectionnistes. Il serait presque impossible de faire des changements dans l’architecture de la mondialisation sans créer une crise mondiale. Certes, il y a une turbulence politique et c’est ce qui fait hésiter les investisseurs. Malgré cela, la croissance est définitivement présente et c’est, selon M. Hall, une opportunité à saisir pour les entreprises! 

Sources

La mondialisation en péril? Prévisions à l'exportation 2017. Printemps 2017.

Hall, Peter. Parlons exportations. Conférence. 25 mai 2017.

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