En ce début d’année, moment où les experts font leurs prédictions pour les mois à venir, l’équipe de Larouche a assisté à la conférence sur les perspectives économiques et politiques 2017 organisée par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. Les analystes présents, Matthieu Arseneau de la Banque Nationale, Jean-Pierre Lessard de Aviseo Conseil ainsi que les journalistes Michel Hébert et Michel Girard nous ont livré leurs opinions et leurs prévisions sur l’année à venir. Nous avons évidemment combiné ces prédictions à celles d’autres experts pour fournir davantage de perspectives. 

Le Canada

« Lorsque l’économie va mal, c’est à ce moment que les dépenses du gouvernement ont le plus d’impact sur l’économie », nous dit Matthieu Arseneau. En 2017, puisque l’économie canadienne semble plutôt bien se porter, du moins mieux qu’il y un an, un impact moindre sur celle-ci est envisagé. De plus, une reprise se fait sentir aux États-Unis, c’est donc de bon augure pour le Canada lorsque nos voisins du Sud se portent bien. Par contre, le salaire moyen ayant augmenté et le chômage étant en baisse, le gouvernement aura tendance à moins dépenser, ce qui pourrait faire monter les taux d’intérêts. Ainsi, une intervention vigoureuse de la Réserve fédérale, avec des hausses du taux directeur, pourrait refroidir les élans économiques.

D’après l’économiste Clément Gignac, la situation particulière dans laquelle nous nous trouvons à la suite de l’élection américaine et les risques sur le plan du commerce que cela amène, il y a plus d’incertitudes qu’à l’habitude dans la préparation du budget. Son conseil au gouvernement; prévoir une provision spéciale étant donné l’incertitude et, au besoin, stimuler l’économie davantage. 

Du côté de l’industrie manufacturière, si l’on met à part l’élection récente de Donald Trump, l’économiste stipule que la situation économique est prometteuse et que les exportations ont tendance à s’accélérer. Toutefois, si des mesures Buy American se mettent en place, cela pourrait brimer nos manufacturiers. 

Le Québec  

Monsieur Jean-Pierre Lessard, de chez Aviseo Conseil, rappelle qu’en 2016 le gouvernement provincial a réussi à redresser les finances de la province grâce à de nombreuses compressions où les contribuables ont largement été mis à profit. Pour le prochain budget, Monsieur Lessard prévoit une augmentation des dépenses dans les domaines de la santé et de l’éducation. Selon lui, une hausse d’impôt n’est pas envisageable, notamment en raison d’une volonté du gouvernement de se rapprocher de la population. 

Il précise que le Québec doit « s’adapter à un nouveau monde ». La vitesse de croissance de la province est plus faible, entre autres, parce que la population en âge de travailler diminue. Par contre, la croissance demeure bonne par rapport au potentiel de la province. On dénote tout de même une migration des travailleurs vers l’Ontario. Ce phénomène peut être causé, d’après Monsieur Lessard, par un problème d’investissement ainsi qu’un défi sur le plan de la création d’entreprise. 

Le gouvernement a dégagé un surplus de 3,7 milliards en 2015-2016 et les surplus continuent de s’accumuler pour 2016-2017. Ils devraient être majoritairement dépensés en éducation et en santé. Les élections provinciales arrivant à grands pas en 2018, nous pouvons nous attendre à des investissements majorés au Québec. Ces investissements permettront enfin la participation du fédéral à des projets d’infrastructures dans le cadre du programme d’investissement en partenariat avec Ottawa. D’autre part, le gouvernement veut aussi utiliser les surplus budgétaires pour injecter plus d'argent dans l'économie de la province afin d’aider au développement économique des régions et au tourisme. Une somme additionnelle de 200 millions de dollars sera donc versée dans ce but chaque année.

L’industrie 4.0 étant sur toutes les lèvres du secteur manufacturier, le gouvernement mise d’ailleurs beaucoup sur la croissance de ce secteur. Nous pouvons peut-être nous attendre à des subventions au plan du développement technologique. 

La nouvelle présidence américaine

Comme nous pouvons le constater, plusieurs soulèvent des inquiétudes relatives à l’élection de Donald Trump. Les analystes présents à la conférence sont néanmoins rassurants quant aux conséquences de son élection à la présidence. 

Certes, les mesures protectionnistes préconisées par Trump peuvent semer le doute chez les entreprises. Or, il est fort probable que le Canada et le Québec seront épargnés par ces mesures. En fait, comme l’a souligné le journaliste Michel Girard, lorsque l’on s’attarde aux importations et aux exportations des États-Unis, on constate que ceux-ci importent du Canada pour 296 milliards et exportent pour 280 milliards. Nous sommes ainsi presque égaux. S’il décide d’imposer une taxe, il n’y gagnera pas grand-chose parce que le Canada peut décider à son tour d’en imposer une. Il ne faut pas perdre de vue que le Canada ne représente que 2% du déficit commercial des Américains. 

En somme, malgré les risques et les inquiétudes, 2017 s’annonce comme une année stable et profitable. Au Canada une croissance est prévue et le Québec demeure en bonne position malgré un défi de développement entrepreneurial. 

Des opportunités pour les entreprises

La situation de vigueur économique du Québec et du Canada devrait susciter une accélération de l’activité économique. 

De nouveaux fonds disponibles pour l’investissement dans plusieurs secteurs d’activité devraient apparaître et favoriser la création de nouvelles entreprises, de nouveaux produits, de nouveaux projets.

L’évolution des technologies mettra une nouvelle pression sur les comportements des consommateurs en termes de recherche, de magasinage et d’achat. Aussi, l’ouverture à la nouvelle économie collaborative entraînera de nouvelles façons de faire. Uber n’était-il pas à l’état de projet il y a deux ans alors qu’aujourd’hui il a sa propre réglementation? De nouveaux complexes immobiliers n’ont-ils pas tenu compte d’un zonage pour inclure une offre AirBnB?

Toute cette effervescence entraînera ses propres transformations socio-économiques qui auront un impact sur vos marchés, sur vos clientèles, sur votre offre. Les nouveaux fonds disponibles en subventions, ou vos propres investissements visant à vous adapter au changement, contribueront sans aucun doute à la consolidation et à la croissance de votre entreprise.

En demeurant à l’affut de ces nouvelles opportunités économiques, vous pourrez saisir les occasions de croissance pour votre entreprise. 

Nous vous accompagnerons dans votre développement.

Bonne année 2017! 

Sources

Conférence sur les perspectives économiques et politiques 2017. Chambre de commerce et d’industrie de Québe. 17 janvier 2017.

Gignac, Clément. Des conseil pour le prochain budget : Entrevue avec Clément Gignac économiste. Radio-Canada dans Première Heure. http://ici.radio-canada.ca/emissions/premiere_heure/2015-2016/chronique.asp?idChronique=426562. 16 janvier 2017.

Desjardins. Prévisions économiques et financières : 2017 un point tournant?. https://www.desjardins.com/ressources/pdf/peft1612-f.pdf?resVer=1481897325000. 16 décembre 2016.

Fillion, Gérald. Ceci n’est pas une prévision pour 2017. Radio-Canada. http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1007561/ceci-est-pas-une-prevision-fillion-trump-alena. 23 décembre 2016.

Radio-Canada. Mise à jour économique du Québec : de l’argent frais pour l’éducation et la santé. http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/810802/mise-jour-economique-ministre-finances-leitao-quebec. 25 octobre 2016.

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