Le secteur agroalimentaire est un secteur d’envergure au Québec. Celui-ci génère une activité économique importante en contribuant à environ 22 G$ au PIB de la province chaque année. Il représente près de 500 000 emplois, et exporte pour 7,5 milliards $ de sa production chaque année. En ce moment, l’industrie fait face à certains défis, mais de nombreuses opportunités sont également à saisir. Il s'agit d'un marché mondial en pleine mutation et porteur pour le Québec. 

Le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne risque de nuire considérablement aux fromagers québécois, parce que le volume d’exportation passera de 13 000 tonnes à 17 000 tonnes. Bien que ce soit un enjeu de taille, des solutions sont envisagées. Les fromagers pourraient par exemple offrir leurs produits dans les autres provinces canadiennes et viser le marché du nord-est des États-Unis. 

Du côté de l’Alliance canadienne des fromagers, regroupant 37 PME canadiennes (excluant Saputo et Agropur), on évalue la possibilité de devenir des distributeurs des volumes additionnels des fromages européens. Les entreprises pourront retirer de nouveaux revenus tout en développant des relations d’affaires avec l’Europe.

De plus, l’industrie agroalimentaire tend à se mondialiser grâce à des chaînes d’approvisionnement complexes, cherchant à satisfaire la demande croissante de consommateurs qui recherchent des aliments santé, frais et peu coûteux toute l’année. D’ailleurs, les aliments québécois ont la cote auprès des consommateurs pour leur traçabilité. Ceux-ci cherchent autant les bons prix que l’assurance de la qualité qui se trouvent dans leur assiette. Sylvain Charlebois, doyen de la Faculté en Management et professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie de Nouvelle-Écosse, affirme que les producteurs québécois devraient exporter davantage de produits transformés, de plats prêts à la consommation. «Il y a une culture tout à fait unique ici et qui doit être reconnue», assure-t-il. En plus des certifications et des appellations, cette voie pourrait constituer une valeur ajoutée à l’offre québécoise à l’étranger. 

L’industrie agroalimentaire fait certainement face à des défis, mais s’ouvre devant elle le plus grand marché de la planète avec 500 millions de consommateurs. La Caisse de dépôt et placement, reconnaissant le besoin des entreprises de demeurer compétitives dans les marchés mondiaux, a récemment annoncé la création d’un fonds de 125 millions qui investira dans tous les maillons de la chaîne de valeurs du secteur. Afin de se positionner, les entreprises auront besoin d’une stratégie solide et bien ficelée, que ce soit pour l’Europe ou ailleurs. L’innovation et la valeur ajoutée demeurent ainsi le nerf de la guerre pour exploiter le potentiel de l’agroalimentaire. 

Sources

Les affaires. Agroalimentaire : La Caisse crée un fonds de 125 millions$. Les affaires. http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/general/agroalimentaire-la-caisse-cree-un-fonds-de-125-millions-/594552. 24 avril 2017.

Côté, Reine. L’industrie alimentaire en pleine transofrmation. L’express. http://www.journalexpress.ca/actualites/economie/2017/2/11/l-industrie-alimentaire-en-pleine-transformation.html. 11 février 2017.

Vézina, René. Le libre-échange, et autres défis pour les fromages et le bœuf d’ici. Les affaires. 22 avril 2017. P.4.

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